Article de février 2026 |

Chère cliente/Cher client,

Le mois de janvier a constitué un début d’année 2026 positif pour les investisseurs, en particulier au Canada, l’indice composé S&P/TSX ayant clôturé à un niveau record le 28 janvier. Cependant, un renversement prononcé des prix de l’or et de l’argent au cours des deux derniers jours de négociation du mois a ensuite fait perdre plus de 1 200 points à l’indice et a effacé la plupart de ses gains enregistrés depuis le début du mois. L’argent a chuté de plus de 30 % et l’or de plus de 8 %. La chute des actions américaines n’a pas été aussi importante que celle du marché canadien, fortement tributaire des matériaux. Malgré ce mouvement de vente, la hausse stupéfiante de l’or et de l’argent, qui ont atteint des niveaux record en janvier, a été si forte que ces deux métaux ont terminé la période en hausse.

La hausse extraordinaire de l’or et de l’argent (sans aucun doute due en partie à la spéculation), associée à une baisse continue du dollar américain, a été interprétée par certains observateurs comme un signe possible du malaise croissant des investisseurs face à l’érosion potentielle de l’indépendance de la Fed et à une prise de décisions politiques de plus en plus politisée. La montée de la rhétorique sur la question du Groenland a été un autre facteur potentiel et la chute du dollar a soulevé la possibilité que les investisseurs se détournent des actifs américains.

Le recul des métaux a fait suite à l’annonce que Donald Trump avait choisi Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell en mai à la présidence de la Réserve fédérale américaine. M. Warsh, gouverneur de la Fed de 2006 à 2011 (y compris pendant la période de la crise financière de 2008 à 2009), s’est montré par le passé plus préoccupé par une hausse de l’inflation que par un ralentissement de la croissance, et l’annonce a semblé calmer les inquiétudes de Wall Street selon lesquelles un nouveau président de la Fed céderait aux demandes fréquentes et véhémentes de M. Trump en faveur d’une baisse des taux d’intérêt susceptible d’attiser l’inflation. 

Le mois a également été très mouvementé sur le plan géopolitique. La possibilité de changements plus profonds et à long terme dans le paysage économique et politique mondial a fait l’objet d’un discours très médiatisé de Mark Carney lors du Forum économique mondial annuel de Davos. Dans le même temps, la crise croissante du Groenland a atteint son paroxysme avant d’être soudainement désamorcée, du moins pour l’instant. Au début du mois, les États-Unis ont brièvement envahi le Venezuela et enlevé son président, Nicolas Maduro. À la fin du mois, les tensions entre l’Iran et les États-Unis sont remontées d’un cran lorsque M. Trump a envoyé une flotte de porte-avions de l’U.S. Navy dans le golfe Persique et a formulé des exigences ambitieuses pour tout accord potentiel entre les deux nations.

Au cours du mois, l’indice composé S&P/TSX a progressé de 0,84 %, l’indice S&P 500 de 1,42 %, l’indice Nasdaq de 0,97 %, l’indice MSCI Monde de 1,70 % et l’indice MSCI EAEO de 3,22 %. Au Royaume-Uni, l’indice FTSE 100 a progressé de 2,98 %, tandis que l’indice allemand DAX est resté pratiquement stable. En Asie, l’indice japonais Nikkei 225 a enregistré une hausse de 5,54 % et l’indice composé MSCI Chine a progressé de 5,52 %. Aux États-Unis, le taux de rendement du Trésor à 10 ans a légèrement augmenté au cours du mois (les taux de rendement diminuent lorsque les cours augmentent). Au Canada, l’indice des obligations universelles FTSE Canada a augmenté de 0,58 % au cours du mois. L’or a terminé le mois de janvier en baisse par rapport au record atteint le 29 janvier, mais en hausse de 15,61 % pour le mois. Malgré le plongeon précipité par rapport au niveau record atteint à la fin du mois, l’argent a terminé le mois en hausse de 43,29 %. Le pétrole brut Brent a augmenté de 13,57 % en janvier en raison de l’escalade des tensions entre l’Iran et les États-Unis.

Développements mensuels

Au Canada, l’inflation a augmenté de 2,4 % en décembre, en glissement annuel, contre 2,2 % en novembre, selon Statistique Canada. Cependant, l’agence a souligné l’impact du congé de la TPS et de la TVH il y a un an comme un facteur de comparaison clé en glissement annuel. Les enquêtes de la Banque du Canada (BdC) sur les entreprises et les consommateurs au quatrième trimestre, publiées en janvier, ont souligné que la stagnation des ventes, la faiblesse des intentions d’embauche et les investissements axés principalement sur l’entretien plutôt que sur la croissance étaient les principaux problèmes des dirigeants interrogés en novembre. Le sondage auprès des consommateurs indiquait des perspectives tout aussi prudentes.

Les données du PIB de novembre et une première estimation pour décembre ont été publiées vers la fin du mois. Si l’estimation de décembre est confirmée par la suite, le PIB du quatrième trimestre 2025 pourrait s’avérer négatif sur une base annualisée. En novembre, le PIB est resté stable, la baisse de l’activité manufacturière ayant été compensée par la croissance du secteur des services.

Les ventes de logements existants ont baissé de 2,7 % d’un mois sur l’autre en décembre, ce qui représente la troisième baisse mensuelle au cours des quatre derniers mois. Les nouvelles annonces et les prix des logements ont également baissé. L’emploi a connu une hausse modeste de 8 000 postes en décembre, s’ajoutant aux gains enregistrés au cours des trois mois précédents. Cependant, le taux de chômage est passé de 6,6 % à 6,8 %, les nouveaux arrivants étant à la recherche d’un emploi, selon Statistique Canada. L’emploi a augmenté chez les personnes âgées de 55 ans et plus, mais a chuté chez les jeunes de 15 à 24 ans.

Dans ce contexte de données, la BdC a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 28 janvier. Le gouverneur Macklem a indiqué que l’incertitude élevée rend le calendrier et l’orientation des décisions futures difficiles à évaluer et a souligné l’examen de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) comme un facteur de risque principal pour la prévision actuelle de la BdC d’une croissance du PIB de 1,1 % pour 2026.

Aux États-Unis, la grande nouvelle économique de janvier a été la publication des données du PIB pour le troisième trimestre 2025, qui a augmenté à un taux annuel très robuste de 4,4 %, selon le Bureau américain d’analyse économique. Il s’agit d’une hausse par rapport à la croissance de 3,8 % enregistrée au deuxième trimestre. Les données du troisième trimestre reflètent l’augmentation des dépenses de consommation, des exportations, des dépenses publiques et des investissements. Les importations, qui sont soustraites du calcul du PIB, ont diminué.

L’inflation est restée relativement contenue à la fin de l’année 2025 malgré les turbulences tarifaires. Les prix à la consommation aux États-Unis ont augmenté de 2,7 % en décembre par rapport à l’année précédente, un chiffre inchangé par rapport à novembre, et conforme aux attentes. Les données de décembre étaient en baisse par rapport aux 2,9 % de décembre 2024. L’inflation de base, qui exclut les prix des denrées alimentaires et de l’énergie, plus volatils, a chuté encore plus fortement, passant de 3,2 % à 2,6 %. Mais les loyers, les billets d’avion et les frais médicaux ont augmenté en décembre par rapport à novembre, selon le département du Travail. Les prix de l’essence et des voitures et camions d’occasion ont baissé. Les prix à la production ont connu leur plus forte hausse en cinq mois en décembre et l’augmentation inattendue de l’indice des prix à la production a été alimentée par un bond des services commerciaux, qui mesurent les changements dans les marges perçues par les grossistes et les détaillants.

Les ventes au détail de novembre ont augmenté plus que prévu en raison de la hausse des achats de véhicules à moteur et de l’augmentation des dépenses des ménages, ce qui laisse présager une activité économique solide au quatrième trimestre. Les ventes au détail ont augmenté de 0,6 % après une baisse révisée à la baisse de 0,1 % en octobre, selon le département du Commerce. Cependant, les dépenses sont principalement le fait des ménages à hauts revenus, les consommateurs à faibles revenus étant limités par les pressions inflationnistes. Certains éléments probants de cette dernière perspective sont ressortis du sondage préliminaire des consommateurs du Conference Board pour janvier, qui a chuté de 9,7 points à 84,5 (1985=100), par rapport à un chiffre révisé à la hausse de 94,2 en décembre. Le chiffre de janvier est le plus bas depuis 2014, malgré les bonnes données du PIB pour le deuxième et le troisième trimestre.

Les employeurs américains ont créé 50 000 emplois en décembre, soit moins que les 73 000 attendus. Le taux de chômage est tombé à 4,4 %. L’emploi salarié a augmenté de 584 000 en 2025, soit une moyenne de 49 000 nouveaux emplois par mois. Néanmoins, le total de 2025 est loin des deux millions d’emplois créés en 2024. La Fed a maintenu le taux des fonds fédéraux dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % lors de sa réunion du 28 janvier. Le président Powell a réitéré son approche tributaire des données et n’a fait aucun commentaire sur les questions politiquement sensibles. Le 9 janvier, le ministère de la Justice a ouvert une enquête criminelle à l’encontre de M. Powell, ce qui a rapidement suscité une réplique vidéo en ligne de Powell lui-même, qui a qualifié cette enquête de « prétexte » pour influencer la politique des taux d’intérêt.

Le PIB de la zone euro a battu les attentes au quatrième trimestre 2025 avec une expansion de 0,3 % par rapport aux attentes consensuelles d’un gain de 0,2 %. Les données ont révélé que l’économie a progressé de 1,3 % par rapport à l’année précédente, soit un peu plus que les attentes de 1,2 %. Les données mensuelles sur le chômage dans la zone euro ont légèrement reculé en décembre, passant de 6,3 % à 6,2 %. L’Espagne et le Portugal figuraient parmi les économies les plus performantes d’Europe à la fin de l’année 2025, les estimations tablant sur une croissance de 0,8 % pour les deux pays au quatrième trimestre. Selon les estimations, l’économie espagnole a progressé de 2,8 % en 2025. L’inflation globale est revenue à l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne (BCE) en décembre. L’inflation de base s’est maintenue à 2,4 % au quatrième trimestre, conformément aux projections de la BCE.

L’économie britannique a progressé de 0,3 % en novembre, un chiffre supérieur aux prévisions, grâce à la reprise de la production automobile et à l’essor du secteur des services. Les données de novembre ont dépassé les attentes des analystes qui tablaient sur une augmentation de 0,1 % et ont annulé la contraction de 0,1 % enregistrée en octobre. Le taux d’inflation au Royaume-Uni a atteint 3,4 % en décembre, dépassant les estimations de 3,3 %. L’augmentation des prix du tabac en est l’une des raisons, à la suite des hausses de taxes récemment introduites. L’inflation de base, qui exclut l’énergie, l’alimentation, l’alcool et le tabac, s’est établie à 3,2 % en décembre, inchangée par rapport à novembre, selon l’Office for National Statistics.

Le PIB chinois a augmenté de 4,5 % en glissement annuel au quatrième trimestre, tandis que les données mensuelles sur l’activité pour le mois de décembre ont indiqué un certain ralentissement. Les ventes au détail ont ralenti à 0,9 % en glissement annuel, tandis que le marasme de l’immobilier s’est aggravé avec des baisses de prix généralisées dans toutes les villes sondées. Pourtant, la production industrielle est restée solide avec une croissance de 5,2 % en glissement annuel, tirée par les exportations de produits technologiques. Les données sur les exportations de décembre indiquent une fin d’année meilleure que prévu avec des exportations en hausse de 6,6 % en glissement annuel. La croissance des exportations sur les marchés non américains a plus que compensé l’effondrement des ventes vers les États-Unis et l’excédent commercial mondial de la Chine a atteint des niveaux record, soulignant l’importance cruciale des ventes à l’exportation pour compenser la faiblesse persistante de l’économie nationale.

L’activité économique du Japon a surpris à la hausse en novembre, les dépenses des ménages ayant augmenté de 2,9 % en glissement annuel, grâce aux voitures, aux transports et aux communications, ainsi qu’à l’éducation. Cette amélioration est intervenue avant la mise en place du dernier plan de relance du gouvernement. La Banque du Japon (BdJ) n’a apporté aucune modification à son taux d’intérêt directeur en janvier, à la suite d’importantes turbulences sur le marché obligataire japonais. En décembre, la BdJ a porté son taux directeur à 0,75 %, son plus haut niveau depuis 30 ans, dans le but de normaliser la politique budgétaire après de nombreuses années de taux proches de zéro ou négatifs.

Le mardi 20 janvier, les obligations japonaises ont fortement chuté, le taux de rendement du billet à 40 ans dépassant les 4 % pour la première fois depuis 2007 (les taux de rendement augmentent lorsque les prix des obligations baissent). Le taux de rendement du billet à 30 ans a également augmenté de près de 30 points de base pour atteindre environ 3,9 %, le taux le plus élevé jamais enregistré. L’annonce par le Premier ministre Takaichi, la veille, d’élections anticipées pour le 8 février et sa promesse de suspendre pendant deux ans la taxe à la consommation de 8 % sur les denrées alimentaires ont été les principaux catalyseurs de ce mouvement de vente. La perte potentielle d’importantes recettes fiscales pour le gouvernement, associée aux plans de dépenses proposés, a ébranlé des marchés déjà inquiets du ratio dette/PIB de 240 % du Japon, le plus élevé des pays développés.

À quoi s’attendre maintenant?

Le début de l’année a été mouvementé : les tensions géopolitiques et le mouvement haussier spectaculaire de l’or et de l’argent ont fait la une des journaux tout au long du mois de janvier. Mais au-delà du flux constant de nouvelles quotidiennes parfois saisissantes, des données solides sur la croissance économique et une inflation relativement bénigne laissent présager une bonne transition entre 2025 et 2026 pour l’économie de première importance qu’est celle des États-Unis. Les perspectives pour l’économie canadienne en 2026 sont moins positives, comme ce fut le cas pendant la majeure partie de 2025. Le ton plus calme qui régnait ces derniers temps sur le front du commerce et des tarifs douaniers entre le Canada et les États-Unis a été perturbé en janvier par de nouvelles menaces américaines à la suite du voyage réussi de Mark Carney en Chine pour obtenir la suppression de certains tarifs douaniers sur les produits agricoles canadiens en échange de la levée des droits de douane sur un maximum de 49 000 véhicules électriques chinois. La prise de contrôle de l’industrie pétrolière vénézuélienne par les États-Unis a d’abord été perçue comme une menace concurrentielle pour les exportations record de pétrole canadien, mais ce fut moins le cas une fois que l’ampleur des investissements nécessaires dans l’industrie pétrolière vénézuélienne en difficulté a été mieux comprise. Avec la chute brutale de l’or et de l’argent, l’indice composé S&P/TSX a reculé par rapport à ses homologues américains au cours du mois, mais reste en tête à plus long terme. La question de savoir si cette tendance historiquement inhabituelle peut se maintenir en 2026 est essentielle, alors que les négociations commerciales prennent le devant de la scène.

Nous vous invitons, comme toujours, à nous faire part de vos réflexions et de vos questions concernant vos priorités personnelles en matière d’investissement pour l’année à venir.

Sincères salutations,

Michaël Roy, Pl. Fin., B.A.A.
Conseiller en placement, Gestion de capital Assante ltée
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Tous les rendements d’indices sont exprimés en dollars canadiens.

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